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Nouvel espoir pour lutter contre le Striga

La lutte contre le Striga doit avoir lieu bien avant que ses fleurs n'apparaissent dans les champs (© IITA)
La lutte contre le Striga doit avoir lieu bien avant que ses fleurs n'apparaissent dans les champs
© IITA

De nombreuses techniques de lutte sont utilisées pour venir à bout du Striga, cette plante parasitaire qui cause d'énormes pertes de rendements céréaliers en Afrique et ailleurs dans le monde. Aucune ne s'avère entièrement satisfaisante. Récemment, Muhammad Jamil et ses collègues, chercheurs à l'université de Wageningen, aux Pays-Bas, ont trouvé un moyen de diminuer la germination des semences de Striga avant même que la plante ne cause de dégâts.

Les graines de Striga restent dormantes dans le sol tant qu'elles ne perçoivent pas la présence de la plante hôte qu'elles iront parasiter. Le signal de cette présence leur est donné par des molécules situées dans les racines de la plante hôte, les strigolactones. Une fois ce signal détecté, les semences de l'adventice germent et les pousses s'attachent aux racines de leur hôte pour en extraire l'eau et les éléments nutritifs nécessaires à leur développement. Ainsi la plus grande partie des dommages a déjà eu lieu quand le Striga se pointe au-dessus du sol. C'est pourquoi la lutte contre ce parasite doit se dérouler bien avant que ses fleurs n'apparaissent dans les champs.

Les molécules de strigolactones dérivent de la carotène, ce pigment connu pour la couleur orange qu'il donne à la carotte. Les chercheurs de Wageningen ont constaté que l'application de faibles quantités de composés qui inhibent la production de carotène à des plants de riz réduit la production de strigolactones, et donc aussi la germination des semences de Striga. Une réduction allant jusqu'à 75 % a pu être observée. « Les céréales produisant peu de carotène peuvent fournir davantage de vivres parce qu'elles sont moins affectées par les plantes parasitaires », explique Jamil.

Par ailleurs, en Tanzanie, des cultivars de riz à haut rendement ont été testés par l'Africa Rice Centre pour leur résistance au parasite avant que celui-ci ne s'attache à la plante hôte. Les cultivars les plus résistants se révèlent être les plus faiblement producteurs de strigolactones.

Les substances inhibitrices de la production de carotène étant à la portée des paysans, et des variétés de riz pouvant être sélectionnées pour leur faible production de strigolactones, ces deux techniques représentent des moyens de lutter efficacement contre un parasite qui anéantit les moyens de subsistance de millions de ménages en Afrique sub-Saharienne.

Ecrit par: Camille De Stoop

Date de publication: février 2012

 

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